Une nouvelle interview passionnante de François-Xavier Ada-Affana, qui nous dévoile les coulisses du monde de l’humanitaire en partageant son expérience au sein de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous raconter votre parcours, tant sur le plan académique que professionnel, qui vous a conduit à occuper votre poste actuel ?
Je m’appelle Francois-Xavier Ada-Affana et j’occupe actuellement le poste de Responsable de l’information publique avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Nigéria. Mon parcours académique a débuté avec une Licence en Relations Internationales, suivie de deux Masters en Sécurité internationale (Université de St Andrews en Ecosse) et Etudes Africaines (Université d’Oxford en Angleterre). Professionnellement, j’ai acquis une expérience variée en travaillant dans plusieurs pays, notamment au Cambodge, en Mauritanie, au Senegal, au Tchad et maintenant au Nigeria.
Pouvez-vous nous décrire une journée type dans votre rôle ? Quelles sont vos principales tâches en tant que Media and Communications Officer ?
L’une des choses que j’apprécie dans mon rôle actuel est le fait que les journées ne sont presque jamais les mêmes ! Mon rôle étant transversal, je me retrouve toujours au cœur des enjeux clés de l’Organisation. Ainsi, en une journée, je peux rencontrer des personnes vulnérables que nous soutenons afin de les conseiller ; diriger une réunion avec des partenaires Etatiques et non-étatiques ; éditer des photos ; produire une vidéo ; rédiger un communique de presse ; ou encore répondre à des questions de journalistes. Etant polymathe mais aussi polyvalent dans mes compétences et aptitudes, c’est cette nature diverse même de la profession qui m’a d’abord attiré.
Quels aspects de votre travail affectionnez-vous le plus ?
Une chose que j’apprécie beaucoup dans mon travail, c’est l’opportunité de rencontrer et d’échanger des idées avec des personnes diverses chaque jour. Le monde de l’humanitaire et du développement est riche en défis. Pour débattre de ces défis et avoir l’opportunité de proposer des solutions concrètes à ces-derniers est satisfaisant. Par ailleurs, mon travail me permet de voyage à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. C’est quelque chose que je ne tiens pas pour acquis car cela me permet de découvrir et d’apprendre des autres.
Selon vous, quelles sont les causes profondes de la migration ? et comment l’OIM à travers ses actions et programmes, contribue-t-elle à restaurer et à préserver la dignité des migrants, en particulier ceux originaires d’Afrique ?
Il est important de rappeler que la migration est aussi ancienne que l’humanité elle-même. Par conséquent, si l’on cherche à comprendre les raisons de la migration, il faut se pencher sur l’histoire. Et la réponse la plus évidente est simplement la quête d’une vie meilleure. Cette quête peut être motivée par la destruction des moyens de vie causée par un conflit ou des événements climatiques. Elle peut aussi être le fruit d’un simple désir de vivre sa vie autrement et ailleurs, ce qui est tout à fait légitime. À l’OIM, notre travail vise à faire en sorte que la migration profite à tous, à travers trois objectifs interdépendants : sauver des vies grâce à l’action humanitaire ; trouver des solutions durables aux déplacements forcés prolongés en collaborant étroitement avec les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les acteurs privés pour innover ; et encourager des voies de migration sûres et régulières afin de prévenir les pertes humaines le long des routes migratoires. Notre travail comprend également des actions de plaidoyer, notamment aux plus hauts niveaux nationaux et supranational, pour garantir qu’aucun migrant ne soit laissé pour compte.
Pouvez-vous partager des conseils sur la manière de postuler et de se démarquer dans le système des Nations Unies ?
Mon premier conseil est de postuler. En postulant, vous augmentez non seulement vos chances, mais vous apprenez aussi à améliorer votre profil. Mon deuxième conseil est de développer un avantage concurrentiel. Le marché du travail à l’ONU est extrêmement compétitif. Il est donc essentiel de se démarquer. Et on y arrive soit en démontrant que l’on a une expérience préalable (acquise grâce à des stages ou des bénévolats dans le domaine concerné) ; la connaissance ou la maîtrise d’une deuxième ou troisième langue ; ou encore des compétences numériques. Autrement dit, de développer des compétences dans les nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle, le codage, etc., qui dont importantes. Il faut comprendre que le contexte financier dans lequel le monde de l’humanitaire et du développement est en constante évolution. De fait, les Organisations et Agences de l’ONU sont à la recherche de profils dynamiques et polyvalents possédant plusieurs compétences.
En dehors de votre travail à l’OIM, quelles sont les activités ou hobbies qui vous passionnent et qui vous permettent de vous épanouir personnellement ?
J’ai récemment commencé à courir. Je cours quatre fois par semaine dans un parc près de chez moi. Je me suis rapidement rendu compte qu’avoir une activité physique régulière m’aide à me vider l’esprit et à organiser mes idées, en plus d’être bénéfique pour le corps. J’apprends aussi constamment ! Je suis actuellement des cours d’espagnol pour me perfectionner, car je rêve de travailler sur l’Amérique latine, une région du monde que je n’ai pas encore visitée.
Quel est le meilleur conseil que vous pourriez donner à un jeune professionnel qui débute sa carrière ?
A un.e jeune professionnel.le en début de carrière, je dirais deux choses : reste curieux/curieuse et « mets le paquet » ! Nous vivons dans une ère en constante évolution qui nécessite une flexibilité mentale et intellectuelle, mais aussi une curiosité constante. Parce que les données sont en constante évolution, l’une des compétences les plus importances est la capacite et la facilite d’apprentissage et d’adaptation. Lié à cela, c’est important de se donner à fonds dans ce que l’on entreprend.